J'ai découvert ce court-métrage grace aux 'Liens Idiots Du Dimanche" de PCInpact. En fait c'est une pub pour Schweppes, mais d'un genre moderne, style améliorer l'image de la marque, puisqu'en fait, sur les 12 minutes de film, on aperçoit une bouteille de schweppes pendant à peu près 10 secondes. Bref, pas génant, et l'intérêt est ailleurs.


Signs

La première chose que j'ai à dire, c'est : j'adore.
Que je le veuille ou non, je suis un grand romantique, ce genre d'histoires d'amour simples et puissantes me fait rêver. L'idée n'est certainement pas neuve, mais c'est extrêmement bien réalisé : une esthétique propre, des images étudiées, une bande sonore enivrante mais pas écoeurante et parfaitement adaptée, des acteurs qui jouent bien leurs rôles, une réalisation qui montre juste ce qu'il faut pour suggérer plus sans frustrer, ... Ce qui est percutant, et qui explique mon accroche, c'est surement ce contraste saisissant entre le gris, l'ennuyeux, l'aseptisé du monde qui les entoure d'un coté, et leurs émotions de l'autre. Ca les renforce, les fait ressortir et on se sent touchés, et on "s'identifie". Sur la forme donc, c'est du très bon (enfin j'aime beaucoup).

La deuxième chose, ça m'énerve.
Merde à la fin, dans ce monde pourri, n'y a t'il que l'Amour qui puisse avoir un quelconque intérêt ? L'Amour, c'est cet amour dont parlait Disney, dont parle tous les blockbusters Hollywoodiens (en plus de l'amour pour la nation), et vers lequel toute notre culture occidentale est orientée. Les romains voulaient du pain et des jeux, l'occidental actuel moyen veut une belle histoire d'amour et de l'argent (restons les pieds sur terre quand même). Ben oui, de l'argent : I got promoted. Encore un moyen de nous faire comprendre et admettre que l'idéal de tout être humain sur cette terre est de bosser dans un multinationale à faire un boulot stupide et inintéressant et de rencontrer "l'âme soeur". Comme ça on ferme sa gueule et on reste la tête dans le guidon, sans réfléchir. Tant que l'Amour est là, tout va bien. M'est avis que ça frôle l'embrigadement. Vous me direz : "soit indépendant, ne te laisse pas toucher par ce genre de discours, ...". Oui mais ça touche l'instinct et l'éducation reçu depuis trop longtemps. Et en plus, c'est tellement bien réalisé que ça touche quand même.

Un autre truc qui m'énerve : Thought you'd never ask. Et ben pourquoi t'as pas demandé la première si tu le voulais tant que ça ? Réponse : parce que c'est une femme, et que d'après les codes de conduites, c'est à l'homme de faire le premier pas. C'est bien connu, c'est à l'homme de prendre les initiatives (sinon son ego en prend un coup), et à la femme d'accepter ou refuser. Certains objecterons que la femme manipule l'homme pour qu'il agisse, comme on pourrait l'interpréter dans le film d'ailleurs. Allez hop, avec la femme manipulatrice, on a déjà un bon aperçu des clichés sexistes.

Je vais peut-être chercher un peu loin, mais je suis persuadé que les problèmes de machisme ont une source dans ce genre de comportements qui paraissent élégant, raffinés et galants. Et puis je n'aime pas être cantonner à un rôle. Alors ça m'énerve, et comme c'est mon blog, et ben je le dis.

Sinon, j'aime bien le Schweppes.