Contexte

D'abord il y'a eu la défense de Roman Polanski. Ensuite, la (re)lecture de son oeuvre, "La mauvaise vie" et la justification au 20h de TF1. Puis le film "Mon copain Rachid", et enfin (?), le quotidien de la Réunion et les lettres pour la défense de son filleul, soupçonné de viol.

Marine Le Pen a lancé l'affaire, les "jeunes" du PS l'ont relayé et l'Internet s'est embrasé. L'Élysée a défendu Mitterrand en dénonçant ce "lynchage", et beaucoup médias ont repris l'argument et en parlant de "retour de la morale" ou d'homophobie.

Ces gens là n'ont rien compris. Autant je ne sais pas pourquoi Le Pen et Hamon ont lancé le buzz (et je m'en fous), autant je comprends et partage la colère des internautes, et je vais ici l'expliquer pour ceux qui n'auraient pas compris (comme Alain Finkielkraut par exemple).

Ce que j'accepte et ce qui est raisonnable

Tout d'abord, mettons les choses au clair : je me fous que Frédéric Mitterrand soit homosexuel, je me fous qu'il paye pour du sexe, même en Thaïlande. Il y a certainement un problème quant au tourisme sexuel, mais ce n'est pas le propos du débat. Je me fous déjà un peu moins qu'il ait pu s'agir de mineur, et la défense vaseuse sans démenti catégorique aux questions de Laurence Ferrari sur TF1 me gêne. Je suis capable de comprendre qu'il y'avait à l'époque des moeurs différentes, même si ça ne justifie pas tout.

Par ailleurs, ayant un peu suivi l'affaire Polanski, je sais qu'il s'agit d'un zèle mal placé du juge américain, que Polanski a déjà été condamné (certes dans un procès foireux) et qu'il a purgé sa peine, et que la victime a retiré sa plainte. Sachant ça, je suis d'accord pour dire que Polanski ne mérite pas d'être extradé. Mais pour ces raisons seules, certainement pas pour sa contribution artistique.

Ce que je n'accepte pas et qui me mets en colère

  • Qu'un ministre défende un homme reconnu coupable de pédophilie avec comme seul argument le fait que c'est un artiste reconnu. Non les artistes ne sont pas des super citoyens avec des droits bien à eux. Les politiques non plus.
  • Qu'un ministre soutienne un jeune homme de sa connaissance accusé de viol sur mineur en faisant jouer sa position (alors directeur de la villa Médicis).
  • Que le gouvernement se serve de la pédophilie comme épouvantail et traite les internautes de pédo-nazis pour faire passer des lois sécuritaires et censurer la liberté d'information et d'expression alors que l'un des ministres fait montre d'une certaine tolérance face à la pédophilie.
  • Que le partage de fichiers sur Internet est sensé "tuer les artistes et la culture" et donc mérite une sanction rapide au mépris des droits de la défense, alors qu'il est honteux de faire juger des artistes ou des politiques suspectés de relations sexuelles avec des mineurs.

Conclusion

Et non, il n'est pas question d'homophobie ou de morale. En revanche, il est question d'égalité du droit pour tous les citoyens, il est question de la peur de l'Internet par certaines personnes publiques, il est question de politique sécuritaire et dérive victimaire. Comme quoi, les choses ne sont jamais aussi simples qu'elles en ont l'air...

Et pour finir, un billet magnifique et très dur à propos de Jade, une des nombreuses victimes mineures d'agression sexuelles, pour rappeler à ces cochons qui l'utilisent à des fins politiques ce qu'est la pédophilie et pourquoi c'est honteux de faire ce qu'ils font.